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Devenir handicapé. Après un temps de sidération, de refus, un temps de transformation, d'acceptation ?

Le 20 septembre 2017
Devenir handicapé. Après un temps de sidération, de refus, un temps de transformation, d'acceptation ?

L'annonce du handicap :

Le verbe devenir  a été choisi plutôt que le verbe être pour signifier qu'il y a un temps avant et un temps après.

Un individu peut se lever le matin en tenant sur ses deux jambes et se retrouver, sans que rien n'est pu s'annoncer, handicapé à vie. C'est le cas notamment des accidentés de la route, qui ont pris le matin leur véhicule, à la même heure que d'habitude en empruntant le même trajet et qui par la réunion de plusieurs facteurs, pas toujours explicables, se trouvent au mauvais endroit, au mauvais moment.

Pour Yves 32 ans, motard depuis 10 ans, c'est un chien qui a traversé la route. Il a voulu l'éviter et a glissé sur le côté. A son réveil, à l'hôpital, le médecin lui apprendra qu'il a dû l'amputer de sa jambe droite.

Dans un 1 er temps le travail avec Yves a été de l'aider à verbaliser son vécu par rapport à sa situation. Les effets de sidération venant entraver les pensées et mots, puis un temps de colère est apparu, des peurs et doutes ont surgis, l'envie d'en finir avec la vie aussi. Cette révolte était, dans un certain sens, un bon signe ; un signe de vie même si des idées noires étaient présentes. Il a fallu soutenir mais surtout laisser le champ libre pour que tout ceci puisse s'exprimer , sans avoir peur d'être pas compris. La réassurance n'a pas toujours sa place car celle ci peut justement entraver ce processus de se déployer.

Il a fallu en passer par ceci pour aider Yves à intégrer toutes les répercussions que son handicap avait sur sa vie.

Il est important qu'un professionnel soit là pour cette accompagnement, l'entourage aura d'autres fonctions mais n'aura pas la compétence ni la distance affective nécessaires pour distinguer ce qui est du processus de vie ou non.  Il y aura des phases de découragements, des sentiments d'impuissances, l'envie de tout laisser tomber, le psychologue sera là pour accueillir ses souffrances et aider le processus de vie a se frayer un chemin en respectant le temps nécessaire pour que cela soit possible. 

La famille et les amis ont une place majeure. Ils représentent la permanence, si la vie ne sera plus comme avant pour Yves de part l'amputation, l'environnement affectif reste là. Il reste là mais traverse aussi des craintes avec la peur de mal faire. Il peut aussi parfois "couver" le traumatiser et l'empêcher de partir à la conquête de son autonomie.

Dans tous les cas, il est important d'accepter de se donner du temps, pour intégrer l'handicap et aussi pour trouver et mettre en place les techniques nécessaires. L'échec fera parti du jeu, il faudra apprendre à le relativiser et à mettre en valeur les réussites.


Progressivement l'impossible devient réalisable, la motivation en est nourrie, le sujet de nouveau désire, ose, décide. Il sent de nouveau qu'il devient acteur de sa vie !

Sandrine BONNEFOND, psychologue psychothérapeute, exerce en presqu'île de Lyon, au sein de son cabinet libéral 8 place des terreaux dans le 1 er arrondissement.

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